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dimanche 11 septembre 2011

Yann Moulier Boutang et le capitalisme cognitif

Yann est un économiste et essayiste spécialisé dans l'économie des NTIC et la société de l'information. Ses prises de positions et engagements politiques en faveur de l'autogestion, de l'extrême gauche ou actuellement de l'écologie en font un penseur de notre actualité numérique atypique et pour cela indispensable.
Citons par exemple son article  http://1libertaire.free.fr/MoulierBoutang02.html paru en 2003 sur le site libertaire http://1libertaire.free.fr/index.html
Écoutons avec attention ses interventions en conférence plus récemment et publiées sur les sites de vidéo comme celui-ci : interview sur le sujet du capital cognitif à cette adresse http://vimeo.com/13513791




dimanche 14 novembre 2010

Fleurs fraîches et oeuvre d'art numérique David Hockney

Vu à la fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent aujourd'hui, les dessins sur iPhone et iPad réalisés par David Hockney. Le credo de David : "Made for the screen, Totally on the screen, It's not an illusion".
"Lorsque j'ai commencé à dessiner sur iPhone, j'ai tout de suite compris que c'était un nouveau médium mais qu'il constituait aussi une matière complètement inédite de diffuser des images.... L'iPhone était à côté de mon lit. Il contenant tout ce qui qu'il faut... Je n'aurais pas dessiné l'aurore avec seulement un crayon et une feuille de papier. C'est la luminosité de l'écran qui m'y a incité." L'Ipad disposant d'un écran plus grand, David a naturellement utilisé aussi ce support.
Cinq points de fascination : 
- la fascination du doigt (le pousse, l'index) qui choisit sur la palette la couleur et la texture et qui dessine sur l'écran : la rencontre de l'analogique et du numérique générateur de beauté !
- la fascination de la scénographie de l'exposition qui dans une salle juxtapose des dizaines de iPhone et d'iPad qui, chacun, affichent une oeuvre d'art
- la fascination de certains dessins qui sont exposés sous forme d'animations : le rêve de voir sous ses yeux se construire d'oeuvre d'art par touches et retouches. Question : l'oeuvre d'art est-elle le dessin "fini" ou bien l'animation ? Personnellement, l'animation atteint une force esthétique à laquelle j'ai été particulièrement sensible.
- la fascination de l’ambiguïté de la propriété et de l'oeuvre originale. Un dessin conçu en numérique, pour le numérique, pour la diffusion en numérique.... où est l'original, existe-t-il ? David écrit "Etaient-ce des reproductions ? Ce fut l'une des premières questions qui s'est posée. J'y répondu par la négative : les dessins étaient exactement identiques à ceux qui étaient sur mon téléphone, en théorie du moins, puisque je n'avais envoyé à mes amis rien d'autre qu'un fichier numérique." Dans cette suite, cette exposition semble être la première à avoir été envoyée grâce à l'email : que voyons nous dans la salle d'exposition ? les oeuvres originales ou non ? 

Au terme du 30 janvier prochain (date de la fin de l'exposition), le commissaire devra-t-il renvoyer à l'artiste son fichier "original" en email ? comme le questionne, en blaguant, David !

D'ailleurs, dans la librairie, une affichette de la couverture de ce qui ressemblerait à un catalogue d'exposition a attiré mon attention. A la question sur sa consultation éventuelle, voire son acquisition, réponse a été que l'existence même du catalogue était en discussion avec l'artiste qui n'en voyait pas l'utilité, et en tout cas pas la logique !

Exposition David Hockney Fleurs Fraîches Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent jusqu'au 30 janvier, 5 av. Marceau 75016 Paris 
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dimanche 25 juillet 2010

Internet et son marché des mots… ou à quand la nouvelle économie numérique ?


Dans cette traversée du gué entre la rive des supports « briques et mortier » et le monde de la donnée dématérialisée  dont le support devient abstrait, les apports conceptuels de Olivier Bomsel sont utiles voire indispensables pour la gouvernance de nos économies. Le mot remplace en effet désormais l’objet : Olivier Bomsel emploie la phrase de « Internet et son marché des mots… » qui sont désormais produits sous une forme généralisée de code interopérable  (suites de 0,1) et donc transmettables de manière massive et généralisée. Cette nouvelle logique au regard des données qui étaient auparavant transmises sur des supports objets « lourds » donc difficiles et plus lents à transporter et donc aussi plus aisés à suivre et contrôler, entraîne une réalité élusive, infiniment plus complexe et aléatoire à maîtriser.


Dès lors que les opérateurs revendiquent majoritairement la neutralité de leurs « tuyaux » qui transportent les contenus, les milliards d’utilisateurs finaux deviennent responsables des usages, chacun individuellement. Cette immensité est par essence impossible à réguler soit par les sociétés, soit par les opérateurs ou des groupements d’opérateurs (banques, commerçants, états, etc.). Inversement, les promesses diffusées par les émetteurs au travers des offres commerciales (sites de vente) ou des bases de connaissances  (bases d’information ou de presse, …) génèrent, elles aussi, des réticences voire des marques de méfiance.


Dès lors, on assiste à la mise en place d’outils de régulations qui sont aujourd’hui des entités mises en place (des agences régaliennes de contrôle), voire des balbutiements comme la loi Hadopi, les signatures électroniques, les identités numériques, les chaînes de preuve, les coffres forts électroniques, les processus d’ILM ou d’archivage dont on ne sait pas encore bien ce qu’il en sortira définitivement.

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Ces outils de régulations ont un coût qui n’est pas aujourd’hui évalué et difficilement chiffrable au plan de l’économie générale. Ce coût est le coût de la transaction pour l’acte de l’achat/vente et pour la production/livraison/usage du service ou du produit qui permet de synchroniser le besoin individuel avec l’offre (une des définitions de l’économie !) .

Dès lors que les données se désolidarisent du support et que les origines et engagements sont moins clairs dans l’instant et dans la durée, la méfiance qui existait à la marge avec des supports autre que le numérique, devient le frein du moment à lever. Les questions : comment le lever ? à quel montant d’investissement ? et selon quel coût de fonctionnement ? Bref : quel est le prix et quels sont les outils pour « acheter » la confiance permettant de construire l’efficacité des données et d’assurer la pérennité du sens ?


Et l’auteur de citer les autorités de régulation, les tiers de confiance, les outils de suivi et de traçabilité tant au plan de chaque nation qu’au plan mondial. C’est là l’enjeu véritable de la nouvelle économie qui a besoin pour être consolidée définitivement grâce à l’investissement pour la mise en place des (voire du) systèmes de traçage des transactions de l’économie numérique et de sa conservation dans le temps indépendamment des acteurs.  

 Autant de questions  et le tout à l’échelle de la planète : quelle identité numérique ? quelle signature électronique ? quel horodatage ? quel archivage ? quelle durée de conservation ? quelle autorité de contrôle/régulation centralisée ou non ? quelle sphère (public, privé, mixte) ?, …et enfin la dernière question (voire la première) Quel sera l’augmentation du coût de chaque échange (transaction) pour la mise en place et de fonctionnement de tels dispositifs ?