dimanche 11 septembre 2011

Quand Total et Recall sont associés, c'est décidément trop ou Paul Otlet revisité !

Dès la première page, nous sommes prévenus : "ceci n'est pas un ouvrage de science-fiction". Cet ouvrage est signé Gordon Bell, ancien Microsoft, qui anime avec son collègue Jim Gemmel le programme de recherche MyLifeBits,programme consacré à l'enregistrement et à la numérisation des données personnelles. La préface est signée Bill Gates incluant en passant cette citation "imaginez maintenant que vous ayez accès, d'un simple clic, à toute des informations reçues au cours de votre vie".
le constat de l'auteur part de l'observation suivante : les capacités de stockage des données numériques augmentent chaque jour et le phénomène "cloud" parachève le fait que plus aucune limite n'existe dans le domaine des capacités de stockage. Cette capacité est cumulée à des capteurs de données de plus en plus miniaturisés comme les caméras portés en permanence sur soi, ou des terminaux GPS qui donnent en permanence la position géospatiale. Constat est fait que toute donnée enregistrable peut être captée, enregistrée, conservée et consultée dans le cadre d'une durée longue, voire très longue. Parmi de nombreuses possibilités desmonstratives, Gordon développe trois champs :
1/ PERSONNEL :l'enregistrement des données personnelles tout au long de sa vie qui permettrait un aide mémoire sur-performant au quotidien (en filmant TOUT pour être en capacité de rappeler TOUT sur TOUT), un passage intergénérationnel (accéder à la totalité des enregistrements quotidiens de TOUS les ascendants pour TOUTES les générations ascendantes (depuis Adam, cela fait beaucoup !). Ici, le droit à l'oubli pour celui qui filme ou qui est filmé (à son insu souvent) est au coeur de la question du numérique TOTAL. D'ailleurs Gordon ajoute page 96 "Ce sont nos e-souvenir, à nous d'en contrôler l'accès".
2/ AU TRAVAIL : l'enregistrement de TOUTES des données dans son quotidien de travail permettrait que transférer la TOTALITE du savoir faire à un remplaçant sur le même poste de travail. Ainsi, un "vis ma vie" numérique remplacera des actions de knowledge management et de formation. Quid dans ces conditions de l'innovation, de la créativité quand tout y est balisé et réglé, y compris le sens du parcours d'un pointeur de souris sur un écran par exemple !
3/ SANTE : l'enregistrement de TOUTES les données de santé à partir de multiples capteurs permanents portés par chacun, permettra de diagnostiquer, suivre, anticiper la survenance de pathologies. Ici, le suivi de telles données permettraient de maîtriser des morbidités. Mais entre améliorer la santé de chacun et les finances d'un système santé d'une part, et bâtir des systèmes intrusifs d'autre part, la proximité est forte.
Bref, il est certain que personne ne souhaite évoluer dans un monde aussi TOTAL RECALL. Dans tous les cas, la gouvernance par la technologie ou bien par l'homme est posée. L'espace de manœuvre est réduit entre un suivi démocratique et un contrôle totalitaire dans le monde du numérique.
Restons extrêmement vigilants camarades !

PS : un livre à lire car c'est n'est pas de la science fiction, justement !


jeudi 9 juin 2011

Référentiels et données d'autorité à l'heure du web sémantique : la journée 2011 Afnor BNF de la CG46


L'Afnor et la BNF viennent de publier les actes de ces riches et instructives journées. Pour tous ceux qui n'ont pas eux la chance d'y assister, voici l'opportunité de connaître les derniers développements du web sémantique dans notre domaine.
L'introduction
Ayant eu l'honneur de présider cet évènement (1), qu'il me soit permis ici de reproduire mon introduction :
Faut-il encore catégoriser aujourd’hui ?
Nous avons longtemps cru que les moteurs de recherche pourraient effectuer le travail de recherche sans aide d’une taxonomie spécifique ou grâce à des taxonomies automatiques.
Il semble aujourd’hui que l’on ne puisse pas capitaliser la connaissance en organisant la mémoire et le savoir sans y accéder grâce à des référentiels.
Il semble bien que l’interconnexion de référentiels permette d’aller plus loin, plus profondément dans cette recherche d’accès différenciés à l’information.

A l’heure du web et de son accès démocratisé, et au delà des utilisateurs qui deviennent aussi des acteurs de catégorisation et de catalogage, le web sémantique et ces ressources de référentiels interconnectés comme linked data qui sera exposé,  deviennent-ils de facto un outil au service des utilisateurs acteurs ?… qui accompagnent, voire accélèrent, l’évolution majeure des métiers de la bibliothèque et de la documentation du « moins centré (voire plus du tout) » sur le catalogage par exemple, et davantage sur les nouveaux services rendus.

Avec la RGPP et de son cortège de rationalisation des dépenses publiques,  et avec la recherche de la qualité de service et de performance, l’heure est aujourd’hui au partage, à la mutualisation et à la saisie unique pour éviter les données redondantes et approximatives. Les nouveaux outils en lien avec le web sémantique y contribuent-ils pour leur part ?

Le programme


Le lien avec la page du site

(1) en tant que président de la commission générale CG46 pour la normalisation des sciences de l'information

lundi 11 avril 2011

Quel avenir pour les Archives de France ? rapport issu de la mission demandée par M. Fillon, Monsieur le Premier Ministre et conduite par M. Maurice Quénet, Conseiller d’Etat.


Les enjeux dûment rappelés
Les enjeux sont clairs : des volumes en croissance à traiter, des supports  électroniques peu voire pas maîtrisés, des collectes « balkanisés » et au demeurant peu efficaces (l’auteur pointe particulièrement la collecte des archives des cabinets ministériels qui est effectuée à chaque nouveau gouvernement). L’analyse n’est pas nouvelle, mais elle est toujours utile d’être rappelée.

Les données statistiques indispensables pour donner des premières mesures
Les données statistiques consolidées dans le rapport sont éclairantes : 1100 agents pour gérer 1000 kilomètres d’archives soit un ration d’environ un agent pour un kilomètre, collecte comprise.  Notons donc ce « benchmark ». 16 agréments  de société d’archivage pour l’externalisation  de la gestion des archives  ont été acceptés depuis le début 2010 afin de renforcer un appui à la gestion des archives publiques.

Les axes de progrès
Les axes  de progrès sont présentés avec, en permanence, le souci de la mutualisation, facteur d’optimisation du service rendu et de réduction des coûts. RGPP est aussi à l’ordre du jour ici.

Il faut saluer la mise en évidence du besoin d’une gouvernance appropriée avec en parallèle du renforcement des compétences des professionnels, la mise en œuvre d’un pilotage interministériel renforcé, peut-être animé par l’échelon des secrétariats généraux dont les prérogatives pour la gestion des archives sont depuis longtemps appliquées.
Au reste, le scénario N°4, largement développé par l’auteur,  propose d’instaurer une délégation interministérielle aux Archives rattachée au Premier Ministre à l’instar  des domaines comme la lutte contre la fraude, la sécurité routière, etc.).
Rappelons que cette excellente idée repose sur la réalité que la bonne gestion des documents est une des sources d’efficacité, d’économie et de transparence pour le service public. Il est donc pertinent que les moyens qui sont induits trouvent dans ce rattachement une capacité optimale à être employés[1].

Les recommandations pour à mettre en œuvre dans le cadre de ce pilotage portent sur :
-       L’accélération des mesures pour accompagner les progrès de la dématérialisation, pour collecter, conserver et permettre l’accès des archives numériques dans la mouvance des grands projets comme Atlas ou Spar de la BNF dont l’auteur souligne le budget considérable dépensé mais qui pourraient servir de modèles pour une (ou des) plate-formes mutualisées,
-       La mise en œuvre d’un portail interministériel mutualisé permettant de rapprocher la connaissance des fonds d’archives et de faciliter l’accès aux données archivées,
-       La rationalisation des choix en matière immobilières comme l’évitement des redondances ou des juxtapositions (signalement par l’auteur du bâtiment d’archives des Archives Nationales à Pierrefitte et de celui du Ministère des Affaires Etrangères à la Courneuve).

Enfin, M. Maurice Quéret admet aisément que la question de la réutilisation des documents d’archives publiques dans le cadre de la Directive européenne sur la réutilisation des données publiques reste actuellement entière. Une étude du Conseil d’Etat est donc recommandée à cet effet.

A l’heure de la RGPP, ces axes de progrès sont légitimes. La recherche de logiques d’optimisation articulée avec une nouvelle gouvernance centrée autour du Premier Ministre permettrait alors dynamique intéressante.

En attente des suites et décisions.




[1] Rappelons le débat mené par Archimag l’année de la réorganisation du Ministère de la Culture.

mardi 15 mars 2011

Livre Blanc sur l'évolution de la normalisation du records management


La commission de normalisation 11 de la CG 46, avec l'aide de l'ADBS et de l'AAF,  publie ce mois de mars 2011 sur le site BiVi Fonctions documentaires d'AFNOR Editions un fascicule consacré à la gestion des informations et documents d’activité (ou records management).
Le livre blanc est intitulé : « Introduction à la série de normes ISO 30300, Système de management des documents d’activité ; Intégration du records management et perspectives d’évolution de l’ISO 15489 ». Il s’adresse autant aux gestionnaires d'informations ou de documents, aux qualiticiens, aux directions des systèmes d’information, qu'aux managers et décideurs... et donc à toute personne souhaitant mettre en œuvre un tel système.

La parution de la nouvelle série de normes ISO 30300 est particulièrement d’actualité au vu des exigences techniques et réglementaires de plus en plus prégnantes en matière de traçabilité et de transparence, et la maîtrise du cycle de vie complet des informations est aujourd’hui au cœur des préoccupations de la plupart des organisations publiques ou privées (tant financières qu’industrielles).
Si la norme ISO 15489 fournit le cadre technique d’amélioration de la gestion de l’information, la nouvelle série de normes de système de management ISO 30300 permettra de définir un cadre d’audit et de certification, ce qui constitue la grande nouveauté pour cette année 2011.
A signaler les trés utiles et pertinents retours d'expérience de grandes organisations privées et publiques à la fin du LB.

Pour télécharger sur le site de l'Afnor, cliquez ici

dimanche 20 février 2011

pourquoi parle-t-on de plus en plus de gouvernance documentaire ?

Une enquête auprès de 250 organisations sur la gouvernance documentaire a été menée par serdaLAB, le laboratoire d’études du groupe Serda, à l’occasion de Documation 2011, en Janvier et Février 2011.  Voici les premiers résultats évidents, démonstratifs, sans ambiguïté aucune !
Une gouvernance documentaire (1) s'impose aujourd'hui pour les trois premières principales causes (respectivement 70%, 64% et enfin 35%) que plébiscitent les répondants : une volumétrie documentaire qui croit et qui n'est plus maîtrisable, des sources d'information éparpillées (bases internes, réseaux sociaux (tweet, facebook, viadeo, messagerie, sms, web,etc. souvent sans lien ni formats homogènes) et enfin la perte de temps liée à la recherche d'information. 
En revanche (mais à la réflexion c'est déjà significatif !), 11% des répondants, classés comme des innovateurs, ont déjà appliqué de manière globale la gouvernance documentaire dans leur entreprise.  36% l'ont appliqué [seulement] de manière sectorielle.
Pour ceux qui n'en disposent pas, 21% ont un projet à court terme (2011-2012) et 32% n'ont aucun projet dans ce domaine.

Une petite majorité (44%) des répondants pense que pour répondre à ces trois raisons principales, il est indispensable de mettre en place une gouvernance documentaire globale dans le cadre d'une stratégie d’entreprise pour l'organisation de l'information.

(1) La gouvernance documentaire est une notion très large que serdaLAB a défini comme « la stratégie et l’organisation mises en place afin de gérer, sécuriser, partager, conserver, valoriser et maîtriser l’information et la connaissance au sein d’une organisation et de son environnement externe afin d’en améliorer l’efficacité ».


lundi 24 janvier 2011

BIENVENUS AU IIème COLLOQUE SERDA-SORBONNE le 10 février prochain

Je suis heureux de vous annoncer la 2ème édition du Colloque SERDA-SORBONNE qui a pour thématique : "Catégoriser - la limite des ordres, le désordre des limites".

Encore une fois, le Groupe serda à travers son laboratoire d'études et prospectives serdaLAB et en collaboration avec l'Université La Sorbonne Paris IV, s'emploie à développer une thématique omniprésente dans le quotidien des professionnels de la Mémoire et du Savoir et à la transcender grâce à l'intervention d'experts (parfois très inattendus !) du monde économique, universitaire et scientifique.

Ce colloque a lieu durant une demi-journée sous formes de 2 tables-rondes, ponctuées d'interventions originales et décalées.
Cette année les participants au Colloque SERDA-SORBONNE seront invités à fêter les 25 ans du Groupe serda-archimag à l'occasion d'un cocktail qui se tiendra à la suite du Colloque.

samedi 22 janvier 2011

Records management, archives et révolution de jasmin

Les évènements de Tunisie sont politiques, sociaux et aussi économiques. Les archivistes de tunisie réagissent. A l'initiative de Chaker Ghariani, enseignant à l'Institut Supérieur de Documentation et relayé par Rabii Bannouri, citoyen, universitaire et ancien président de l’Association des gestionnaires des archives de Tunisie (AGAT) un appel intitulé "Sauvons notre mémoire, sauvons nos archives !" a été lancé.

Chaker Ghariani appelle tous les archivistes tunisiens "à protéger les documents essentiels et délicats (documents des grands appels d'offres, décisions politiques, PV et délibérations des instances de décisions, AG, CA, documents des cabinets, comités supérieurs des ministères et réunions des directeurs, ...délibérations des conseils municipaux et des conseils régionaux.... )". L'appel indique qu'il s'agit simplement et complètement d'appliquer la loi sur les archives. Il s'agit donc, en vertu de cette loi d'"Exiger clairement et immédiatement que les documents des bureaux des ministres, des cabinets, des secrétaires généraux, des PDG des entreprises publiques soient identifiés et surtout ceux proscrits ou arrivant à échéance selon les calendrier de conservation, et soient transférés immédiatement aux archives intermédiaires".

On le sait, les bouleversements de tout temps mettent en danger l'intégrité des fonds documentaires pour de nombreuses raisons : les fonds documentaire constituent des métaphores des entités qui ont produit ces documents et informations, constituent aussi des preuves qu'il est utile trop souvent de voir disparaitre à point nommé. Parfois, il s'agit d'un manque de chance : la documentation a été détruite accidentellement tout simplement. C'est pourquoi la communauté des archivistes tunisiens se mobilise pour préserver les fonds patrimoniaux et courants pour l'histoire et aussi pour la continuité du fonctionnement de l'état et du pays.

Qu'ils en soient remerciés !

PS : le site facebook a été ouvert à ce propos : LES GESTIONNAIRES DES DOCUMENTS GARANTS DE LA MEMOIRE DE CETTE REVOLUTION

Curation, Curator, une pratique de veilleur ou un nouveau métier ?

La curation ou "la rédaction en chef participative" comme est intitulé l'article de Guillaume Decugis, directeur Goojet paru sur le site Owni.fr.
Pour pallier l'éparpillement et le trop plein des données du web, il existe les moteurs de recherches à algorithmes comme Google. Puissants mais pas toujours très transparents sur les règles de ces mêmes algorithmes qui évoluent en permanence.
Il y a aussi les outils comme twitter qui créent grâce au fonctionnement du réseau social des signalements convergents de d'information.
D'aucuns imputent à cette automatisation et  à ces réseaux collaboratifs, la crise que traversent les métiers documentaires dont les compétences sont justement les catégorisation et la mise en valeur des données éparses, multiformes et complexes. C'est justement à ce propos que le "CONTENT CURATOR" semble bien émerger. OUI, nous avons besoin de "CURATION" (conservation, valorisation... la traduction en français n'est pas encore d'actualité car elle trahirait le sens immédiatement). Le curator, comme le cite Guillaume, est "quelqu'un qui continuellement trouve, regroupe, organise et partage le contenu en ligne, le meilleur et le plus pertinent sur un sujet spécifique" (1).
Que ce curator soit un professionnel, un groupe de professionels, une communauté, ou des individus en réseau social, il y a en effet toujours besoin d'une information éditorialisée, qui, de ce fait, fait sens et fournit des données à valeur ajoutée.
Question pas encore tranchée : curator est-il un effet de mode dont le concept est déjà mort ? Est-il foncièrement différent des activités de veille, d'indexation et de publication de nos métiers ?
En partie oui, mais la fonction "rédaction de chef participative" est, elle, spécifique, elle est à noter et probablement à ajouter aux compétences de nos métiers documentaires.
Voir aussi les outils associés à l'activité de Curation comme Pearltrees, Curated.by, Storify ou Scoop.it.
Affaire à suivre !



(1) The name I would give it is Content Curator. A Content Curator is someone who continually finds, groups, organizes and shares the best and most relevant content on a specific issue online. Rohit Bhargava

samedi 15 janvier 2011

Voeux 2011 avec les oreilles du lapin, la fatigue du koala, le manque d'attention des moines et la négligence d'Attila

Si, Si, Si-r G. William, 10ème Gouverneur de Hong Kong (1903), vous présente ses voeux... et c'est même son nom !
Au delà du clin d'oeil, je vous invite à découvrir en téléchargeant les quatre syndromes qu'il faut absolument éviter pour gouverner sereinement en 2011 sa mémoire et son savoir. Autant vous le dire : j'aime beaucoup le syndrome des moines... qui recopient chasteté depuis des années..., j'adore le koala qui se fatigue à s'informer sans relâche, je dois dire que le lapin et ses longues oreilles étoilées me font penser à un épisode récent signé un service de renseignement situé à l'ouest de la France et enfin, je rappelle qu'Atilla était AUSSI bien un homme lettré entouré de savants qu'un désherbant biologique.
ALORS téléchargez ici quatre syndromes de Mémoire & Savoir
Meilleurs Voeux de bonne santé, de projets motivants et passionnants, de rencontres et d'échanges et de découvertes et innovations.

dimanche 5 décembre 2010

Capital immatériel et qualité des données (ISO8000)

A titre de rappel, le rapport du Cigref expose dans son avant-propos que '"l’économie post-industrielle dans laquelle nous nous trouvons est marquée par une création de valeur passant par la valorisation d’actifs immatériels tels que les actifs de connaissance".
Dans son nouvel appel à experts, l'Afnor, avec les travaux de normalisation en cours sur la série ISO 8000 consacrée à la qualité des données, fait le lien fortement et clairement : "il s'agit de disposer d'un capital de données de qualité [qui] devient une nécessité primordiale" dans les entreprises et les administrations. Ces données concernent tant les informations administratives (réglementation et législation), commerciales (données client orientées satisfaction), opérationnelles (productivité et valuer ajoutée) que financières (conformité aux référentiels sectoriels).
 A noter que seulement 16% des entreprises ont mis en place un programme de qualité des données.
Ces travaux s'effectuent dans le cadre du comité ISO/TC184 intitulé "systèmes d'automatisation et intégration"
 et couvrent les champs des données de production, de mesure, d'échange en ajoutant le concept de "master data" qui correspondent aux données essentielles pour la pérenité de l'organisation concernée.
Les enjeux de qualité des données en lien avec la gestion des connaissances et plus généralement la gestion des informations et des documents des processus sont appliqués comme le montre les participations actives des Japon, la France, la Grande-Bretagne, les Etats Unis, la Corée pour les secteurs automobiles, aéronautique, défense, solutions de management et de e-commerce.
Ces travaux sont évidemment à rapprocher des travaux effectués actuellement dans le cadre du TC46 SC11 sur la gestion des informations et documents dans les entreprises ou records management d'autant plus que la nouvelle série des normes ISO3030X incluent la certification des système de gestion des informations incluant les données.
Bref, la qualité de la donnée est source de la qualité des informations et des documents, qui sont eux mêmes les sources des connaissances de réflexion et opérationnelles, le tout constituant le support d'un capital immatériel des organisations : donc quatre fois pertinent de s'y impliquer ! 

Pour tout expert intéressé, le contact référent à l'Afnor est Catherine Protic.

dimanche 14 novembre 2010

Fleurs fraîches et oeuvre d'art numérique David Hockney

Vu à la fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent aujourd'hui, les dessins sur iPhone et iPad réalisés par David Hockney. Le credo de David : "Made for the screen, Totally on the screen, It's not an illusion".
"Lorsque j'ai commencé à dessiner sur iPhone, j'ai tout de suite compris que c'était un nouveau médium mais qu'il constituait aussi une matière complètement inédite de diffuser des images.... L'iPhone était à côté de mon lit. Il contenant tout ce qui qu'il faut... Je n'aurais pas dessiné l'aurore avec seulement un crayon et une feuille de papier. C'est la luminosité de l'écran qui m'y a incité." L'Ipad disposant d'un écran plus grand, David a naturellement utilisé aussi ce support.
Cinq points de fascination : 
- la fascination du doigt (le pousse, l'index) qui choisit sur la palette la couleur et la texture et qui dessine sur l'écran : la rencontre de l'analogique et du numérique générateur de beauté !
- la fascination de la scénographie de l'exposition qui dans une salle juxtapose des dizaines de iPhone et d'iPad qui, chacun, affichent une oeuvre d'art
- la fascination de certains dessins qui sont exposés sous forme d'animations : le rêve de voir sous ses yeux se construire d'oeuvre d'art par touches et retouches. Question : l'oeuvre d'art est-elle le dessin "fini" ou bien l'animation ? Personnellement, l'animation atteint une force esthétique à laquelle j'ai été particulièrement sensible.
- la fascination de l’ambiguïté de la propriété et de l'oeuvre originale. Un dessin conçu en numérique, pour le numérique, pour la diffusion en numérique.... où est l'original, existe-t-il ? David écrit "Etaient-ce des reproductions ? Ce fut l'une des premières questions qui s'est posée. J'y répondu par la négative : les dessins étaient exactement identiques à ceux qui étaient sur mon téléphone, en théorie du moins, puisque je n'avais envoyé à mes amis rien d'autre qu'un fichier numérique." Dans cette suite, cette exposition semble être la première à avoir été envoyée grâce à l'email : que voyons nous dans la salle d'exposition ? les oeuvres originales ou non ? 

Au terme du 30 janvier prochain (date de la fin de l'exposition), le commissaire devra-t-il renvoyer à l'artiste son fichier "original" en email ? comme le questionne, en blaguant, David !

D'ailleurs, dans la librairie, une affichette de la couverture de ce qui ressemblerait à un catalogue d'exposition a attiré mon attention. A la question sur sa consultation éventuelle, voire son acquisition, réponse a été que l'existence même du catalogue était en discussion avec l'artiste qui n'en voyait pas l'utilité, et en tout cas pas la logique !

Exposition David Hockney Fleurs Fraîches Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent jusqu'au 30 janvier, 5 av. Marceau 75016 Paris 

dimanche 24 octobre 2010

La ruche et la pollinisation

"Si les ruches sont une base pour les abeilles, la pollinisation crée infiniment plus de richesses autour de leur sein. Source de l'abondance et de la vie sur Terre, la ruche ne revendique pourtant pas ce qu'elle engendre" écrit  Thanh Nghiem dans son dernier ouvrage (1).
Aux sombres inquiétudes de la fin des énergies et autres ressources, du vieillissement de nos populations, etc.,  la réponse pour les bonnes solutions : les NBIC et la pollinisation des cerveaux. D'abord les NBIC soient les Nanosciences, la Biotechnologie, l'Informatique et les Sciences cognitives. L'enjeu : l'utilisation de l'information pour innover et trouver les solutions.
Déversée par chacun et disponible pour la communauté, cette information est sans cesse rassemblée et agrégée. Elle nécessite ensuite l'intelligence (mise en lien, en perspective, ...) des personnes que l'auteur nomme "passeurs" ou "pollinisateurs" pour permettre la maîtrise de la complexité  et la facilitation des prises de décisions. Au delà de la mémoire et du savoir (p. 153), la clé est de "trier, analyser, partager ou créer l'information" insiste l'auteur. L'outil essentiel du compagnon pollinisateur est l'outil collaboratif et l'information ouverte du web 2.0 qui en est le pendant.
C'est là où l'entreprise ou le gouvernement et son administration retrouve, au delà de faire fructifier (le chiffre d'affaire ou le PIB) la ruche, son pouvoir éthique de pollinisation sociétale et donc de motivation et d'envie de construire la société équilibrée.

(1) page 171, Des abeilles et des hommes bayard, 175 p., septembre 2010

Un mot sur l'auteur : Thanh Nghiem, diplômée de l'école des mines et de l'Insead, a commencé sa carrière comme associée chez McKinsey. Elle est ensuite directrice au sein du groupe Suez Ondeo. En 2002, elle fonde Angenius pour favoriser les modes de vie durables (pour en savoir plus cliquez ici)

lundi 4 octobre 2010

Benchmark des principaux SIGB Open source Koha, Open Flora, Pmb


Aujourd’hui, un projet sur 3 porte sur l’implantation d’un système open source. Les SIGB open source sont maintenant retenus dans des projets au périmètre important comme une université ou une grande collectivité comme dans ceux des centres de documentation de toute taille qui intègrent des fonctions bibliothéconomiques.

Les consultants experts en bibliothéconomies et documentation du cabinet ont comparé les 3 principales solutions de SIGB open source actuellement présentes sur le marché français afin de décrire leur périmètre fonctionnel et de les comparer.  

Pour faire court, on peut considérer aujourd’hui que les 3 produits comparés ont atteint une certaine maturité et une certaine homogénéité. On peut aussi citer OpenFlora qui est effectivement récent sur le marché des SIGB open source mais qui, en revanche, ne nécessite pas de développements sur les fonctions métiers car il est l’aboutissement de 5 années de déploiement de Flora Bibliothèque sur des projets multisites et complexes. 



Pour télécharger l'étude comparative cliquez

vendredi 10 septembre 2010

Enquête Afnor pour les nouvelles normes ISO sur le records management

L'Afnor vient de lancer l'enquête publique sur les deux nouvelles normes issues du SC11, sous-comité responsable de la normalisation international du records management. Il s’agit de deux projets de normes : Principes et vocabulaire pour la première (ISO/DIS 30300) et Exigences pour la deuxième (ISO/DIS 30301). Avant d'accéder et de commenter ces deux projets de normes, je vous recommande de consulter le post que j'avais écrit le 1er juin dernier.

Après, vous trouverez à l'adresse ci-dessous le site de l'Afnor pour l'enquête. Merci de relayer à vos connaissances concernées cette adresse. Tout commentaire est le bienvenu. Et en tant que président de la commission miroir d'ISO, je vous dit merci pour votre contribution.

Pour lire et commenter le premier projet de norme 30300, cliquez ici.
Pour lire et commenter le premier projet de norme 30301, cliquez ici.

A noter que vous pourrez apprécier pour la première fois la traduction du terme de records management en management des informations et des documents. Merci aussi de livrer vos commentaires à ce sujet.

mardi 7 septembre 2010

BIENVENUS AU IIème COLLOQUE SERDA-SORBONNE


Je suis heureux de vous annoncer la 2ème édition du Colloque SERDA-SORBONNE qui a pour thématique : "Catégoriser - la limite des ordres, le désordre des limites".

Encore une fois, le Groupe serda à travers son laboratoire d'études et prospectives serdaLAB et en collaboration avec l'Université La Sorbonne Paris IV, s'emploie à développer une thématique omniprésente dans le quotidien des professionnels de la Mémoire et du Savoir et à la transcender grâce à l'intervention d'experts (parfois très inattendus !) du monde économique, universitaire et scientifique.

Ce colloque a lieu durant une demi-journée sous formes de 2 tables-rondes, ponctuées d'interventions originales et décalées.
Cette année les participants au Colloque SERDA-SORBONNE seront invités à fêter les 25 ans du Groupe serda-archimag à l'occasion d'un cocktail qui se tiendra à la suite du Colloque.


dimanche 25 juillet 2010

Internet et son marché des mots… ou à quand la nouvelle économie numérique ?


Dans cette traversée du gué entre la rive des supports « briques et mortier » et le monde de la donnée dématérialisée  dont le support devient abstrait, les apports conceptuels de Olivier Bomsel sont utiles voire indispensables pour la gouvernance de nos économies. Le mot remplace en effet désormais l’objet : Olivier Bomsel emploie la phrase de « Internet et son marché des mots… » qui sont désormais produits sous une forme généralisée de code interopérable  (suites de 0,1) et donc transmettables de manière massive et généralisée. Cette nouvelle logique au regard des données qui étaient auparavant transmises sur des supports objets « lourds » donc difficiles et plus lents à transporter et donc aussi plus aisés à suivre et contrôler, entraîne une réalité élusive, infiniment plus complexe et aléatoire à maîtriser.


Dès lors que les opérateurs revendiquent majoritairement la neutralité de leurs « tuyaux » qui transportent les contenus, les milliards d’utilisateurs finaux deviennent responsables des usages, chacun individuellement. Cette immensité est par essence impossible à réguler soit par les sociétés, soit par les opérateurs ou des groupements d’opérateurs (banques, commerçants, états, etc.). Inversement, les promesses diffusées par les émetteurs au travers des offres commerciales (sites de vente) ou des bases de connaissances  (bases d’information ou de presse, …) génèrent, elles aussi, des réticences voire des marques de méfiance.


Dès lors, on assiste à la mise en place d’outils de régulations qui sont aujourd’hui des entités mises en place (des agences régaliennes de contrôle), voire des balbutiements comme la loi Hadopi, les signatures électroniques, les identités numériques, les chaînes de preuve, les coffres forts électroniques, les processus d’ILM ou d’archivage dont on ne sait pas encore bien ce qu’il en sortira définitivement.

.

Ces outils de régulations ont un coût qui n’est pas aujourd’hui évalué et difficilement chiffrable au plan de l’économie générale. Ce coût est le coût de la transaction pour l’acte de l’achat/vente et pour la production/livraison/usage du service ou du produit qui permet de synchroniser le besoin individuel avec l’offre (une des définitions de l’économie !) .

Dès lors que les données se désolidarisent du support et que les origines et engagements sont moins clairs dans l’instant et dans la durée, la méfiance qui existait à la marge avec des supports autre que le numérique, devient le frein du moment à lever. Les questions : comment le lever ? à quel montant d’investissement ? et selon quel coût de fonctionnement ? Bref : quel est le prix et quels sont les outils pour « acheter » la confiance permettant de construire l’efficacité des données et d’assurer la pérennité du sens ?


Et l’auteur de citer les autorités de régulation, les tiers de confiance, les outils de suivi et de traçabilité tant au plan de chaque nation qu’au plan mondial. C’est là l’enjeu véritable de la nouvelle économie qui a besoin pour être consolidée définitivement grâce à l’investissement pour la mise en place des (voire du) systèmes de traçage des transactions de l’économie numérique et de sa conservation dans le temps indépendamment des acteurs.  

 Autant de questions  et le tout à l’échelle de la planète : quelle identité numérique ? quelle signature électronique ? quel horodatage ? quel archivage ? quelle durée de conservation ? quelle autorité de contrôle/régulation centralisée ou non ? quelle sphère (public, privé, mixte) ?, …et enfin la dernière question (voire la première) Quel sera l’augmentation du coût de chaque échange (transaction) pour la mise en place et de fonctionnement de tels dispositifs ?




dimanche 18 juillet 2010

Juxtapositions et tendances technologiques (factures, développement durable, minitel, google)

Papier ou numérique : Alain Faujas dans Le Monde de samedi titre "La facture numérique plus "verte" que le papier" ? Selon La Poste et Orange, deux entreprises trés engagées dans la dématérialisation, et notamment dans la production des factures électroniques et la diffusion de messages publicitaires, la tendance est à la réduction de 30% des flux papier pour l'horizon de 2015. En parallèle, un sondage CSA, publié le 30 juin, démontre que 40% des consommateurs sont violemment opposés à la réception des factures sous format numérique. Alain Liberge de Orange compléte que la tendance pour une grande partie des clients particuliers est encore beaucoup d'imprimer eux-mêmes leurs factures reçues en format électronique. Le bénéfice de la réduction en budget carbone pour la planète n'est en conséquence plus au rendez vous : la consommation de la recharge d'encre et du papier en utilisant son imprimante personnelle met en balance défavorable le processus de dématérialisation et les gains attendus. Economie pour les entreprises ? certe ! Avantage pour la planète ? il y a là encore à progresser !
En  parallèle, Google vient de signer un nouveau contrat pour la numérisation de 160.000 ouvrages avec la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas) et annonce que son chiffre d'affaire ainsi que son bénéfices viennent de BONDIR de 24% sur un an. Le modèle du tout numérique tire encore son épingle du jeu.

Nous sommes au milieu du gué...et la roue tourne (1)

(1) : Selon Best of Micro, 2 millions de français continuent à utiliser les 2000 services minitels et le service sera définitivement fermé en septembre 2011.

Champagne de 1780, bon de livraison, traçabilité et conservation

C'est écrit encore au conditionnel, mais c'est écrit  et ... le verre rempli d'un excellent vin de Champagne est physiquement dans le réfrigérateur de Ella Grüssner Cromwell-Morgan, oenologue. "Un gout fabuleux...et de jolies et fines bulles" s'exclame-t-elle.  Une équipe de plongeurs a remonté une bouteille de champagne capsulée d'une épave qui s'est abimée dans les eaux finlandaises vers 1780. Voilà un cadeau de Louis XVI à la cour de Russie qui n'est jamais arrivé à bon port ! Preuve en serait d'un document retrouvé dans les archives administratives (et maintenant patrimoniales) de la maison Moët et Chandon. Deux conclusions à cet évèvement : le champagne se conserve merveilleusement dans un endroit à basse température stable et dans l'obscurité, et il semble que la durée de conservation d'un bon de livraison devrait être plus longue que les 10 années réglementaires actuellement, surtout en cas de sinistre !

Lire aussi slate.fr

mercredi 30 juin 2010

Sharepoint 2010 en conformité avec les exigences du records management?

Après SharePoint 2007, la version 2010 est-elle "full" compatible avec la norme ISO 15489 ? Dans une note postée dernièrement, Elon Aizenstros, directeur de Australia’s RecordPoint  qui développe un progiciel de records management intégrant les outils Microsoft SharePoint (donc un point de vue nécessairement orienté mais particulièrement averti), est catégorique : la gestion des contenus présentent par rapport à la version précédente de l'outil, des avancées notables : identifiant unique d'un document, des informations de type web 2.0 (pages web, wikis, etc.) intégrables en tant que records, plan de classement paramétrable, paramétrage d'un cycle de vie personnalisé pour chaque contenu, ...  Cependant certaines exigences incontournable ne sont pas encore couvertes. Manquent notamment pour être complets la gestion des autres supports comme le papier ou le film,  la gestion des sorts finaux, le calendrier de conservation interactif et global et la gestion intégrée du système de records management.  Encore quelques approfondissements à effectuer et aussi encore des opportunités pour les solutions spécialisées.

Découvrir ici une présentation de Adam Harmetz, ingénieur  responsable du programme SharePoint (document and records management vision and features)

mardi 29 juin 2010

Partage des données publiques et création d'emploi

Le débat sur la réutilisation des données de l'état civil et relayé par Archimag démontre  que la directive 2003/98/CE votée le 17 novembre 2003 concernant la réutilisation des informations du secteur public est toujours (et plus que jamais !) d'actualité. La transposition en droit français de cette directive, qui a modifié la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 sur l’accès aux documents administratifs (par l’ordonnance n°2005-650 du 06 juin 2005) inclut toutes les données publiques. La réutilisation des données publiques en France est donc un droit. Le sens premier de cette directive, qui est par ailleurs fidèlement suivi dans la plupart des pays européens, est la création de valeur ajoutée par des organisations privées, elles-même générant de l'activité, donc de l'emploi... cela permettant de soulager les économies nationales et indirectement les budgets publics durement atteints par la crise. Il ressort d'une étude de Serda Lab que la France a encore des progrès à faire pour s'intégrer dans cette démarche d'excellence et en même temps, sur ce sujet particulier de l'état civil, la vigilance reste de mise au regard des données personnelles car, comme interroge Archimag : les données de l'état civil sont-elles de même nature que d'autres données publiques?

dimanche 20 juin 2010

Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?

Le sujet de la série littéraire de cette année : un excellent (simple et complexe) sujet sur lequel devrait se pencher tout manager !
Thèse : non car nous capitalisons et tirons les enseignements du passé, éléments indispensables pour avancer efficacement vers un objectif partagé
Antithèse : oui, faisons table rase du passé qui alourdit et qui nous attache des semelles de plomb pour courir... les jeunes pousses, les start up filent plus vite et plus fort que des grandes organisations (c'est particulièrement vrai sur des secteurs des marchés des nouvelles technologies)
Synthèse : le passé et l'avenir sont évidemment indissociables. L'imagination (l'innovation) prend sa source dans les racines du passé, les leçons du passé s'inscrivent aussi dans le PDCA (le plan do check act de la démarche qualité signé par Deming),

AINSI tout est affaire d'équilibre : le juste savoir se traduit par l'accès à un passé utile et opérationnel pour gagner son avenir : c'est là TOUT l'art du knowledge management et de la veille.

A noter :
Le groupe Serda organise avec la Sorbonne, un colloque sur le sujet CATEGORISER : la limite des ordres et le désorde des limite le 23 septembre prochain après-midi (www.archimag.com et www.serda.com). Consultez les vidéos du dernier colloque.
Jérôme Bondu, ami et partenaire, contribue aussi à répondre avec une grande qualité à cette question à l'adresse http://www.inter-ligere.net

samedi 12 juin 2010

Il y a Qualité et Qualité pour manager les guichets du savoir dans les bibliothèques

La synthèse exposée brillament par Raymond Bérard de l'Abes zoome sur une démarche qualité qui doit se faire en continu, qui doit faire simple et surtout pas être perfectionniste et qui devrait inclure systématiquement une certification.
Les interventions lors de cette journée montrent que du chemin reste à effectuer pour aller au delà de la qualité des produits vers management des systèmes qualité, voire vers le management par la qualité.
Les bibliothèques, ces lieux de savoir et de mémoire sont aujourd'hui en maîtrise de la qualité de leurs produits et services : inventaires, fonds, suivi, délais, etc.. Restent les produits numériques qui ont besoin aujourd'hui et encore demain de pouvoir être manipulés et suivis. il s'agit de choisir les formats, migrer les contenus existants (numériser, structurer, contrôler, etc.), préter en respectant la réglementation, gérer les flux et les achats de documentations électroniques, développer les flux vers les terminaux comme les tablettes numériques ou les téléphones ou encore les ebook reader. Autant de questions qui sont encore à développer voire à inventer.

Et autant d'enjeux pour répondre aux évolutions des pratiques et usages des clients  et particulièrement de la clientèle issue de la génération "Y".

Pour répondre aux modifications rapides des usages comme les modalités d'accès aux contenus, l'augmentation de l'amplitude des horaires, les nouveaux usages des salles de lectures, la mise en place d'un management de système qualité est la réponse déterminante et efficace. C'est là que les bibliothèques ont le plus à progresser.
Valérie BRESSOUD-GUERIN, Directrice du réseau des médiathèques du Valais a exposé la démarche qualité intégrée du réseau des 120 moyennes et petites bibliothèques du Canton du Vallais en Suisse.  Les référentiels ISO 9000 et 14000 ont été appliqués au travers d'une certification régionale (BVE) qui a eu autant plus d'impact que puissament intégrés dans la stratégie touristique du Canton. Cette cohérence a débouché sur des liens qui se sont fortement ressérés entre les équipes de bibliothécaires, les élus, et l'administration culturelle du Canton. Voici une démarche exemplaire qui se traduit sur le terrain par des bases de contenus communs, des échanges de "best practices" permettant d'augmenter la qualité du service et de l'accueil, le développement de l'écoute et un "contrat de prestation" entre les équipes et les autorités politiques.



Journée Afnor - Bnf du 7 juin 2010 Services documentaires : quelle qualité pour quels clients ?
Programme :
Pierre-Yves RENARD, Directeur des bibliothèques de l’INSEE : qualité et performance dans les normes documentaires Christine GIRARD, Inspectrice générale des bibliothèques : état des démarches qualité dans les bibliothèques françaises Olivier CHOURROT, Direction générale de l’enseignement supérieur et de la recherche : QUALIBIB, une « boîte à outils » pour la qualité des services documentaires Chantal FAURE, consultante du cabinet Euriware : qualité et management de l’information Claudine GOLKA et Christophe PERALES, université de Versailles-Saint-Quentin : les services documentaires dans la politique qualité d’une université Valérie BRESSOUD-GUERIN, Directrice du réseau des médiathèques du Valais : la certification ISO9001 : pour quoi faire ?
Emmanuelle BERMES, Bibliothèque nationale de France, animation de la session Gildas ILLIEN, Bibliothèque nationale de France: qualité et massification de l’information : le cas du dépôt légal du web Alban CERISIER, éditions Gallimard : qualité et numérisation Olivier ROUCHON, Centre Informatique National de l'Enseignement Supérieur : qualité et archivage pérenne Mathieu STOLL, Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, Couperin : la qualité des acquisitions électroniques Remi MATHIS, Fondation Wikimedia : gestion de la qualité dans un environnement Web collaboratif

Nouvelle norme pour le records management, Moreq en question ?

Deux trés importantes informations la semaine dernière (outre le début de la coupe du monde évidemment !) :
- le lancement de la consultation pour la modification de Moreq 2, le référentiel aux 800 exigences et aux 330 pages avec Moreq 10
- la vote positif par l'instance de normalisation ISO pour le records management (TC46 SC11) du nouveau référentiel commun pour les outils de gestion du records management, à savoir la toute nouvelle norme ISO 16175. 
A l'analyse, la partie 2 qui correspondait globalement à Moreq 2, en plus simplifié, n'a pas été retenue. C'est ce qui me fait dire que nous sommes en droit de nous interroger sur la co-existence de Moreq et de cette nouvelle norme. Outre la partie 1 qui présente les généralités, c'est donc la partie 3 de 78 pages (ouf !) qui a été approuvée : "Guidelines and Functional Requirements for Records in Business Systems" pour être présentée en vote FDIS. C'est du reste la partie la plus novatrice ! Cette description fonctionnelle et la présentation du modèle de gestion des records devient de fait la référence internationale pour les applications et systèmes qui seront dorénavant développés et déployés dans les organasations publiques ou privées. Ce serait le soulagement pour les fournisseurs et développeurs de systèmes qui doivent actuellement jongler entre différents référentiels parfois même difficilement compatibles (citons rapidement Edrm, dod, moreq, etc.), si cette norme est définitivement votée.

Les repositionnements et la clarification devront être suivis par tous les professionnels avec beaucoup d'acuité et de vigilance dans les prochains mois !

NB : cette nouvelle norme est issue d'un travail du Conseil International des Archives et a fait l'objet d'une proposition de vote "fast track" auprès d'ISO dans ces derniers mois.

mardi 1 juin 2010

Le buzz sur la normalisation du records management…

Depuis plus d’un an, le projet de normes de la série des ISO 30300 défraie la chronique. Le système de management des records (MSR) en constitue le sujet. Cette série de nouvelles normes va-t-elle remplacer la norme ISO 15489 qui a été éditée en 2001 en anglais et en français en 2002 ou va-t-elle la compléter ?

Avant même le vote, il convenait que le sous comité 11 du comité technique 46 clarifie la situation : c’est chose faite à l’occasion de la dernière réunion qui s’est tenue en République de Corée.

Les deux premières normes seront bientôt soumises à vote. Il s’agit de Principes et vocabulaire pour la première (ISO/DIS 30300) et Exigences pour la deuxième (ISO/DIS 30301).

Comment s’articule dans la pratique cette série des ISO/DIS 30300, l’ISO 15489 et les séries des ISO 9000, 14000, etc. ?

La nouveauté est que cette nouvelle série se rattache aux séries des normes de  management au même titre que les normes ISO 9000 (management de la qualité), 14000 (management environnemental), 27000 (sécurité de l’information), ou 22000 (sécurité alimentaire). Elle s’adresse en premier lieu aux décideurs et responsables du management comme ceux de la qualité.

la première concerne l’organisation et la seconde l’objet même du records management : le record et les processus associés. Cette dernière concerne naturellement davantage des praticiens du records management.

Les records : des preuves juridiques ou des preuves d’activités, ou les deux ?

Cette nouvelle série élargit aussi le périmètre du records management en précisant que les records sont constitués par des informations qui vont au delà des simples documents probants opposables en justice pour devenir des informations probantes, c’est à dire non modifiables et complètes,  qui ont été créées dans le cours du déroulement normal de l’activité d’une organisation. Cela intègre évidemment aussi les preuves opposables en justice.

Vais-je pouvoir faire certifier mon système de records management dans mon entreprise ?

Grâce au nouveau statut de la série des ISO/DIS 3030X, une organisation pourra être effectivement certifiée. Autant une organisation ne peut être certifiée dans le cadre de la référence de la norme ISO 15489, autant pourra-t-elle l’être dans le cadre de ces nouvelles normes, pour autant que des organismes nationaux puissent proposer des services de certification dans ce domaine.

dimanche 30 mai 2010

Crimes et châtiments jusqu'au 27 juin au Musée d'Orsay

Une trés impressionnante exposition qui fait froid dans le dos... avec une salle spécifique qui est consacrée à Alphonse Bertillon. Non pas l'inventeur (avec le "h") des célèbres glaces parisiennes (!), mais  le criminologue français qui inventa l'anthropométrie judiciaire, appelée « système Bertillon ».
Le XIXème sièclee est assurément le siècle de la catégorisation. Après Linné et son rival Buffon (1), Bertillon et dans un tout autre contexte et objectifs, les Otlet et Dewey qui viendront ensuite, à cheval entre les deux siècles, dresseront des classifications élaborées. Ici, c'est un matériel spécialisé qui est mis à disposition des établissements pénitenciers et et de l'identité judiciaire. Nous en avons constaté les errements idéologiques et risques politiques issus, mais ayons aussi en tête que ce matériel a servi aussi au développement des systèmes informatique dans le but d'établir des portraits robots. S'informer sur l'exposition.


(1) lire cet excellent ouvrage  écrit par Thierry Hoquet

lundi 17 mai 2010

Les preuves présentent-elles les garanties d'intégrité et d'exhaustivité ?

Entrefilet dans le Journal du Dimanche qui a l'exclusivité d'une interview du 2 mai dernier : à la question "comment espérez vous convaincre les magistrats..?", J. Kerviel indique que ses supérieurs savaient ce qu'il faisait, indiquant qu'implicitement les traces et "records" existent pour le démontrer. Plus important encore, il indique que les preuves à charges ont été extraites par la Société Générale "sans aucune garantie d'intégrité et d'exhaustivité". Ici, le dispositif d'archivage dans le respect de l'état de l'art (1) est indispensable. on songe aussi à la pertinence d'une extraction à partir d'un coffre fort électronique géré par un prestataire offrant toute garantie. En tout état de cause, le livre de J. Kerviel est en librairie. J'ai hâte d'en faire la lecture attentive au regard de l'usage des preuves électroniques.

(1) normes Iso 15489 sur le records management, NFZ 42-013 sur la sécurité des documents, Moreq, etc. 

Ma chère banque de cellules souches

Voilà qui crée la polémique : à 150 kms de T'ien Tsin (Chine), un laboratoire adossé à un hôpital conserve 170.000 échantillons de cordons, de placentas et de sang de cordons ombilicaux. C'est le plus grand archivage de cellules soucles dans le monde qui ont la même qualité que celles de la moelle osseuse et qui permettent de régénérer sans rejet nombre de cellules atteintes lors de pathologies. Evidemment (malheureusement) le modèle économique de cet archivage est d'une trés grande rentabilité et la société privée a déja été créée pour exploiter cette ressource ! De la mémoire et du savoir vivant: davantage que l'information encore, l'éthique doit être plus que jamais prégnante.

Se reporter à l'article paru dans sciences et avenir de mai 2010

Mémoire au travail

"Dans l'ascenseur, j'apprends deux vers de Richard II" écris Denis Podalydes dans Libération de samedi dernier (page xix)... et ajoute-t-il "Merde. Arrivé au neuvième, je laisse tomber. Apprendre, oublier, y revenir, oublier encore,rabâcher, ressasser. Ingratitude de la méoire au travail." Essayez chaque soir, comme je l'ai tenté en famille, d'apprendre pa coeur un quatrain ou quelques vers de poésie pour la réciter les lendemain matin et les jours suivants. Cette mémoire court terme doit être en permanence travaillée, et elle d'autant plus aisée à préserver qu'elle est mobilisée avec des êtres chers ! Ha, activer son hippocampe !(1)

(1) Voir l'article sur les circuits de la mémorisation étudiés par une équipe britannique paru dans Sciences et avenir mai 2010 page 36.

lundi 10 mai 2010

L'information métier : c'est le pied !

La médecine asiatique part d'un principe : la bonne santé a pour fondement l'harmonie et l'équilibre des flux et de l'energie. On connait l'efficacité des médecins chinois ou coréens des différents points d'acupuncture pour aboutir au soin réussi d'une nuque endolorie ou d'un mal de tête !
C'est comme cela que mon ami coréen expert et records manager(1) a commencé son exposé ! 
En effet, le parallèle était là, aveuglant de clarté et d'évidences. En tant que conseiller en records management et spécialiste de la gestion de l'information dans les entreprises, il a toute son utilité dans les organisations coréennes pour lesquelles il travaille. Il s'agit de rétablir les flux et de permettre de retrouver l'harmonie, donc de rectifier les désordre d'une mauvaise gouvernance des données.
Pour guérir un problème de management, une insatisfaction client, un souci de commercialisation, sa devise est "appliquer les techniques et méthodologies de records management, c'est comme effectuer le massage des pieds du patient". Ainsi, améliorer la gestion l'information permet de rétablir et d'équilibrer les flux d'information pour que le manager puisse mieux manager la performance de son organisation : en Corée, c'est comme cela en tout cas !
Kamsa Hamnida (merci en coréen) mon ami expert.

(1) à l'occasion de la réunion ISO TC46 consacrée aux sciences de l'information à laquelle j'étais présent en tant qu'expert.